Notre personnalité repose en partie sur nos expériences passées et présentes de contact et de communication avec les autres. Ces expériences, agréables ou pas, forgent nos croyances sur nous-mêmes, sur les autres et sur la vie. On peut considérer que notre personnalité s’élaborent en partie autour de nos croyances. Parmi elles, s’installent des croyances limitantes.
Comment naît une croyance limitante?
Imaginez un bébé qui pleure. Il a faim. Ses parents lui disent « chut! » et lui donne une petite tape. Évidemment, c’est dysfonctionnel au niveau de la bienveillance et aussi au niveau psychique ! Mais pourquoi ? En recevant une tape quand il pleure, ce bébé intériorise qu’au moment où il-elle exprime un besoin, il reçoit une tape. Si cette situation se reproduit, il se pourrait que le bébé s’adapte à son environnement en arrêtant d’exprimer ses besoins. A partir de là, plusieurs croyances limitantes pourraient émerger chez cet-te adulte en devenir, affectant son estime de soi. « Exprimer un besoin ne sert à rien… » « Je ne suis pas important… » « Je ne mérite pas que l’on prenne soin de moi…. »

Revenons plus en détail sur cette croyance limitante.
L’événement initial
Le bébé pleure parce qu’il a faim, exprimant ainsi un besoin fondamental. Au lieu de recevoir une réponse adaptée (comme être nourri ou consolé), il reçoit une tape et est prié de se taire. Ce comportement de la part des parents est non seulement inapproprié mais aussi déroutant pour le bébé.
L’Interprétation et l’Intériorisation de la croyance
Bien que le bébé n’ait pas encore la capacité cognitive de comprendre ce qu’il se passe, il ressent une dissonance par rapport à ce qui est naturel. Lorsqu’il exprime un besoin naturel, au lieu de recevoir de l’attention ou du réconfort, il reçoit une réaction négative. À un niveau fondamental, il pourrait commencer à associer l’expression de ses besoins à une forme de punition ou de rejet.
La Répétition et le Renforcement de la croyance
Si cette réaction des parents se répète, le bébé commence à établir un lien entre l’expression de ses besoins et la réception d’une réponse négative. Cette association, bien qu’inconsciente au départ, se renforce au fil du temps. Surtout si elle est soutenue par d’autres expériences similaires dans différentes situations. Par exemple, être ignoré, réprimandé pour avoir exprimé ses émotions, etc.
Comment se forment les croyances limitantes ?
En grandissant, cette association (ce lien de cause à effet) peut se cristalliser sous forme de croyances limitantes. « Exprimer un besoin ne sert à rien ». « Mes besoins ne sont pas importants ». « Je ne mérite pas d’attention ou de soins ». Ces croyances sont des interprétations erronées de la réalité. Mais elles deviennent des schémas de pensée automatiques qui influencent profondément le comportement et l’estime de soi de la personne.
Quel est l’impact des croyances limitantes sur l’estime de soi ?
Ces croyances limitantes affectent l’estime de soi en convainquant l’individu qu’il n’est pas digne de recevoir ce dont il a besoin. Et/ou qu’il ne vaut pas la peine d’être écouté ou pris en compte. Cette diminution de l’estime de soi peut se manifester de diverses manières à l’âge adulte. Elle peut apparaître comme une difficulté à exprimer ses émotions, une tendance à se mettre en retrait, ou même à accepter des situations où ses besoins sont systématiquement ignorés ou maltraités.
Les conséquences à long terme des croyances limitantes
À mesure que la personne grandit, ces croyances limitantes peuvent influencer ses relations, son comportement au travail, et même sa vision du monde. Elle peut avoir du mal à fixer des limites, à demander de l’aide, ou à croire qu’elle mérite d’être traitée avec respect et considération. Ce cercle vicieux peut perpétuer une faible estime de soi, car chaque situation où ces croyances sont confirmées renforce encore davantage leur emprise.
Conclusion
En somme, une croyance limitante de l’estime de soi naît souvent d’une mauvaise interprétation répétée de la réalité pendant l’enfance, où des réponses inadéquates à des besoins fondamentaux sont interprétées comme un rejet ou une punition, menant à une dévalorisation de soi qui peut perdurer à l’âge adulte.
Retenons que nos expériences créent nos croyances. Ensuite, nos croyances conditionnent notre réalité. Dans le prochain article, je reviendrai sur les croyances en vous proposant une stratégie pour en limiter les effets.

