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Comment développer sa tolérance à l’incertitude grâce au corps ?

Entretenir sa boussole interne, trouver l'ancrage avec le Chi Nei Tsang. Comment développer sa tolérance à l'incertitude grâce au corps ?

Dans les deux premiers articles de cette série, nous avons découvert que l’anxiété est souvent liée à notre difficulté à vivre avec ce qui n’est pas encore connu.
Nous avons également vu que cette difficulté est indissociable du besoin de contrôle. Une question émerge des eaux agitées de notre conscience ! Comment développer une relation plus sereine avec l’incertitude ? Comment développer votre tolérance à l’incertitude grâce au corps et réduire le besoin de contrôle ?


Lire le premier article.
Faire le test.

Mon expérience de la Gestalt, du Chi Nei Tsang et du Qi Gong m’a progressivement conduit vers une réponse inattendue.

Le mental veut connaître le chemin. Le corps est déjà en train de le parcourir.

Chemin symbolisant la reconquête de la confiance en son corps et en ses choix. Comment développer sa tolérance à l'incertitude grâce au corps ?

Le mental cherche des certitudes

Face à une situation floue, le mental cherche naturellement une réponse. Face à l’incertitude, le mental active spontanément le mode SCAP :

  • Saisir,
  • Comprendre,
  • Anticiper,
  • Protéger.

Cette fonction est précieuse. Mais elle rencontre rapidement une limite. Car certaines questions ne possèdent tout simplement pas de réponse à l’instant T. Découvrez comment développer votre tolérance à l’incertitude grâce au corps et réduire le besoin de contrôle ?

Le corps fonctionne autrement

Votre organisme ne sait pas ce qui arrivera demain. Et pourtant… Il continue à respirer, à digérer, à réparer ses propres tissus, à adapter son équilibre, à transformer ce que vous mangez en énergie, etc…
Autrement dit, le corps poursuit son travail sans attendre que toutes les réponses soient disponibles.

Il avance avec le vivant.

Le corps connaît déjà la maturation

Comme une blessure ne cicatrise pas parce que vous l’exigez, une graine ne germe pas parce que vous l’ordonnez.
Le sommeil ne vient pas parce que vous le décidez.

La digestion suit son rythme, la grossesse également. Car le vivant possède sa propre temporalité.

Notre difficulté apparaît lorsque le mental réclame aujourd’hui une réponse qui ne pourra peut-être émerger que dans plusieurs jours ou quelques semaines.
Naturellement, le corps n’attend pas que tout soit certain pour continuer à vivre.

Le ventre ne cherche pas une explication

En Chi Nei Tsang, je suis souvent frappé par un phénomène. Le ventre souffre moins de l’absence de réponse que de l’absence de sécurité.

Lorsque cette sécurité revient, il n’est pas rare que les pensées perdent spontanément leur intensité et leur urgence. Comme si le besoin de comprendre diminuait à mesure que le corps retrouvait sa capacité à habiter le présent.

Transformé-e avec le Chi Nei Tsang.
Comment développer sa tolérance à l'incertitude grâce au corps ?

Le prochain pas vivant

Le besoin de contrôle cherche souvent à connaître tout le chemin. Le vivant ne cherche pas toute la route. Il cherche seulement le prochain appui. Il demande simplement :

Quel est le prochain pas ?

Pas la solution définitive. Pas le plan parfait ! « No plan is the plan ! » Juste le prochain ajustement. C’est ainsi que fonctionne également la Gestalt.

Nous n’avons pas besoin de connaître toute la route. Nous avons seulement besoin d’être suffisamment présents pour rencontrer ce qui apparaît maintenant.

Une expérience

Pensez à une question importante de votre vie. Ne cherchez pas à y répondre.
Pendant quelques instants, posez simplement une main sur votre ventre. Respirez tranquillement. Puis demandez-vous :

« Quel est le prochain pas vivant ? »

Pas demain, pas dans six mois, mais aujourd’hui, maintenant, ici.
Remarquez seulement ce qui se passe. N’attendez rien. Observez simplement.
Peut-être qu’aucune réponse n’apparaît, aucun appel à l’action. Et c’est très bien ainsi.

Une autre définition de la confiance

Nous imaginons souvent que la confiance consiste à savoir, que la confiance s’installe quand nous savons. Peut-être est-ce l’inverse ?
La confiance consiste peut-être à accepter de ne pas savoir tout en continuant à avancer. La confiance est-elle un objectif ou est-elle un moyen, un mode de relation ?

Là où le mental cherche des certitudes, le vivant cherche un espace où s’appuyer. Il y a l’intelligence mentale et l’intelligence du corps.

Plus ces deux intelligences apprennent à coopérer, moins l’incertitude devient une menace. Elle redevient ce qu’elle a toujours été :

un espace où la vie peut émerger.

Comme l’indiquait Tchouang Tseu, relu par Stephen Mitchell :

« Dans la profusion chaotique des opinions,
le Maître se satisfait du non-savoir. »

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